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Financement européen pour la lutte contre les maladies du foie


​L’Europe s’engage pour une meilleure prise en charge diagnostique et thérapeutique des malades atteints de formes sévères de cirrhose. Elle finance le consortium MICROB-PREDICT qui vise à mieux comprendre le rôle du microbiome humain dans la pathogenèse et l’évolution de la cirrhose et à imaginer de futurs stratégies thérapeutiques personnalisées et outils diagnostiques. Le Service de Pharmacologie et Immunoanalyse (SPI) du Département Médicaments et Technologies pour la Santé (Institut Joliot) est porteur principal du projet pour le CEA. 

Publié le 1 février 2019

​Chaque année dans le monde, 1,2 million de personnes décèdent des complications d'une cirrhose du foie (décompensation, insuffisance hépatique aiguë ou chronique). Les principales causes de la maladie sont l'alcoolisme et les infections virales (hépatites), certains facteurs comme le diabète et l'obésité aggravant le pronostic. Parmi les progrès récents sur la compréhension de la maladie, le rôle du microbiote1 intestinal (anciennement connu sous le nom de flore intestinale) dans la pathogenèse et l'évolution de la maladie suscite un grand intérêt. Il existe des différences quantitatives et qualitatives dans sa composition entre les personnes atteintes de cirrhose et les personnes saines, différences notamment liées à la migration de certains microorganismes depuis ou vers d'autres microbiotes de l'organisme (microbiote salivaire, circulatoire…). L'étude du microbiote, ou plutôt du microbiome2, doit donc permettre, d'une part, de prédire et prévenir la survenue et/ou l'aggravation d'une cirrhose et, d'autre part, de proposer des solutions thérapeutiques adaptées et personnalisées.

C'est le défi que relève le consortium MICROB-PREDICT, financé par l'Union européenne pour six ans. Ce projet de recherche pan-européen intégrera les données de quelques 10 000 patients, collectées précédemment dans d'autres études à grande échelle, constituant une base de plus de 100 000 points de données, comprenant des échantillons de selle, sang, salive, muqueuse et urine prélevés tout au long de la maladie. Le consortium souhaite particulièrement identifier des biomarqueurs de différents stades de la maladie et les exploiter pour développer des tests à l'usage des médecins ou des patients, tels que des tests de diagnostic d'urgence (POC – Point Of Care). Les Directions de la recherche fondamentale et de la recherche technologique du CEA sont parties prenantes du projet. C'est le Service de Pharmacologie et Immunoanalyse (SPI) de l'Institut qui est porteur principal pour le CEA. Il s'attèle à mieux comprendre le rôle du microbiome dans l'interaction entre les intestins et le foie et à l'identification et la validation de biomarqueurs, en utilisant notamment ses capacités d'analyse métabolomique. 

Le lancement du projet européen MICROB-PREDICT a fait l'objet d'un communiqué de presse.


[1] Un microbiote correspond à l'ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons, archées) qui vivent dans un environnement spécifique. Le corps humain contient plusieurs microbiotes (microbiote cutané, circulatoire, salivaire, vaginal…). 

[2] Initialement, le microbiome est défini comme l'ensemble des gènes d'un microbiote (son métagénome). Avec l'avénement des technologies -omiques, le sens s'est quelque peu élargi et le terme recouvre volontiers aussi le niveau d'expression des gènes (transcriptome), les protéines (protéomes) et les métabolites (métabolome) représentatifs d'un microbiote. 


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