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Des atypies anatomiques chez des personnes autistes ? Les analyses morphologiques fines contredisent les résultats de la dernière décennie


​La présence d’atypies anatomiques au niveau du cervelet chez des personnes autistes ne fait pas consensus. Afin de tenter d’apporter une réponse claire, un consortium international coordonné par des chercheurs d'UNIACT et de BAOBAB (NeuroSpin) a ainsi étudié la morphologie de la substance grise cérébelleuse chez 274 personnes autistes et 219 sujets témoins et utilisé plusieurs algorithmes qui calculent le volume des différentes structures du cervelet. Les résultats suggèrent une absence de singularité dans l'anatomie cérébelleuse des personnes autistes.

Publié le 6 février 2023

Une divergence entre les différentes études

Bien que des atypies anatomiques aient été rapportées au niveau du cervelet chez des personnes avec autisme, celles-ci ne semblent pas faire consensus. Située à la base du cerveau, cette zone contient plus de 50 % des neurones cérébraux et est impliquée dans la cognition sociale. Les raisons des divergences entre les nombreuses études sont probablement multiples :

  •  si les atypies existent bien, elles peuvent ne concerner que des régions précises du cervelet qui n’ont pas été étudiées finement dans les travaux publiés ;
  • il existerait plusieurs sous-groupes d’atypies correspondant à des sous-groupes distincts dans le spectre autistique ;
  •  plusieurs des études manquent de puissance statistique ;
  • plusieurs méthodes de parcellisation du cerveau ont été employées dans les études, elles ne sont pas équivalentes ;
  •  il y a un besoin de mieux quantifier les déviations individuelles par rapport à la normale.

Une annalyse morphologique robuste

Afin de tenter d’apporter une réponse claire, un consortium européen coordonné par des chercheurs d'UNIACT et de BAOBAB (département NeuroSpin) a décidé d’étudier la morphologie de la substance grise cérébelleuse chez 274 personnes avec autisme et 219 sujets témoins d'une cohorte européenne multicentrique, EU-AIMS LEAP[1]. Pour assurer la robustesse de leurs résultats, les chercheurs ont effectué une parcellisation lobulaire du cervelet avec deux méthodes différentes et ont utilisé un algorithme qui calcule le volume des différentes structures du cervelet à l’échelle du voxel (analyse morphométrique voxel à voxel). Ils ont également adopté une approche méta-analytique (intégrant des paramètres tels que l’âge, le sexe, le volume intracrânial, le QI…) et effectué des analyses statistiques avec des approches linéaires et multivariées pour capturer la diversité de l'anatomie cérébelleuse chez les personnes avec autisme et les sujets témoins. Enfin, ils ont effectué une analyse dimensionnelle de l'anatomie cérébelleuse dans une cohorte indépendante de 352 personnes présentant des symptômes liés à l'autisme.

Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence significative dans le cervelet entre les individus autistes et les témoins. De plus, il n'y avait pas d'écarts significatifs dans leurs modèles normatifs dans le cervelet chez les personnes autistes. Enfin, ils n'ont trouvé aucune preuve d'atypies cérébelleuses associées à l'âge, au QI, au sexe ou au fonctionnement social.

Malgré des résultats positifs publiés au cours de la dernière décennie à partir d'échantillons relativement petits, leurs résultats suggèrent donc qu'il n'y a pas de singularité dans l'anatomie cérébelleuse des personnes autistes.

Contact Joliot : 

Josselin Houenou (josselin.houenou@cea.fr)

Ces travaux ont bénéficié de financements européens, à travers deux projets EU-Aims et AIMS-2-TRIAL de l'action Innovative Medicines initiative (IMI)

[1] European Autism Interventions– A Multicentre Study for Developing New Medications; Longitudinal European Autism Project

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