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Caractérisation d’un biomarqueur de prédiction de survie en cas de choc septique


​Deux études récentes menées par des chercheurs du SPI, en collaboration avec des équipes de l'Inserm et de l'AP/HP, révèlent l'intérêt de la mesure des taux plasmatiques des calgranulines comme biomarqueurs de prédiction du risque de mortalité de patients admis en unité de soins intensifs en état de choc septique.

Publié le 24 mars 2020

​Le sepsis, défini comme une dysfonction d'organe menaçant le pronostic vital et causé par une réponse inappropriée de l'hôte à une infection, constitue la première cause de mortalité dans les unités de soins intensifs et représente un problème majeur de santé publique. Les formes les plus graves (sepsis sévère et choc septique) sont difficiles à prendre en charge, malgré d'importants progrès, et la mortalité associée reste élevée, pouvant atteindre 50% en cas de choc septique. Il est donc primordial d'identifier le plus tôt possible les patients présentant un risque élevé de décès ou/et de défaillance d'organe, afin de mieux rationaliser les ressources nécessaires à l'amélioration du devenir des patients.
Le score Sequential Organ Failure Assessment (score SOFA) est utilisé en soins intensifs pour déterminer et suivre l'état d'un patient en défaillance d'organe et ainsi évaluer son état de gravité. Cependant, ce score de sévérité présente des limites dans la classification du devenir des patients et il reste crucial de pouvoir mesurer d'autres constantes biologiques au moment de l'admission en soins intensifs. Des biomarqueurs du sepsis appelés DAMPs pour Damage-Associated Molecular Patterns sont ainsi utilisés pour évaluer le degré de dysfonctionnement et d'endommagement cellulaire indépendamment des marqueurs de l'inflammation, peu spécifiques.

Dans la présente étude, les chercheurs ont fait l'hypothèse, étayée sur les données bibliographiques de leur collaborateur de l'APHP D. Payen, que deux protéines, nommées calgranulines (l'hétérodimère S100A8/S100A9 et S100A12) seraient de bons candidats DAMPs, spécifiques et informatifs. Ils ont mesuré, à l'aide d'un test ELISA développé au laboratoire, les concentrations plasmatiques de l'hétérodimère S100A8/S100A9 et de S100A12 pendant les 24 premières heures suivant l'admission de 49 patients atteints de choc septique, possédant tous le même score SOFA. Les concentrations de S100A8/S100A9 et de S100A12 chez les patients non-survivants se sont avérées deux fois plus élevées que chez les patients survivants (Figure). L'augmentation des concentrations de S100A8/S100A9 observée en ELISA dans le plasma des patients non-survivants de la cohorte a été confirmée par une technique complémentaire de spectrométrie de masse à haute résolution. Afin de caractériser la nature des principales protéoformes S100A8/S100A9 circulantes de la cohorte des 49 patients, une analyse par spectrométrie de masse en mode « protéine intacte » a été menée et a conduit à identifier quatre formes, dont trois, augmentées chez les non-survivants, ont permis de les distinguer des survivants.

Les concentrations de S100A8/S100A9 mesurées pendant les 24 premières heures suivant l'admission chez des patients atteints de choc septique sont significativement augmentées chez les non-survivants (A) et corrélées entre les deux techniques de mesure (B), le test ELISA et la spectrométrie de masse à haute résolution.


Cette étude montre que l'augmentation des taux plasmatiques des calgranulines S100A8/S100A9 et S100A12, mesurée par ELISA et spectrométrie de masse, est associée à un taux de décès plus élevé, ce que n'indiquait pas le score SOFA seul. Ces résultats suggèrent que leur mesure à l'admission en unité de soins intensifs pourrait permettre une meilleure prise en charge des patients atteints de choc septique.

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