Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Actualités > Leucémie : l’acide rétinoïque contre la rechute.

Résultat scientifique | Cancer | Métabolomique

Leucémie : l’acide rétinoïque contre la rechute.


​Dans le cadre d'une vaste étude pluri-organismes à laquelle le LEMM du SPI a contribué par une approche de métabolomique (détection d'un oncométabolite), il est montré que les blastes invasifs de patients leucémiques (LAM) porteurs d'une mutation d'une enzyme clé du métabolisme (15% des malades) les rendent plus sensibles à l'action de l'acide rétinoïque. Celui-ci réactive le processus de différentiation de ces cellules tumorales permettant ainsi leur élimination.

Publié le 27 mai 2016

​Les leucémies aigües myéloïdes (LAM) sont des cancers du sang qui touchent les cellules à l'origine de certains globules blancs. Lors de la LAM, les cellules souches subissent des mutations au cours de leur maturation : cela donne des globules blancs immatures, appelés blastes, incapables d'assurer leur rôle de défense contre les infections. Ces derniers prolifèrent, s'accumulent au sein de leur lieu de production, la moelle osseuse, et peuvent se disséminer au travers de l'organisme par la circulation sanguine.

Bien que la majorité des patients atteints de leucémie aiguë myéloïde (LAM) bénéficient d'une rémission complète après chimiothérapie intensive, la plupart d'entre eux rechutent malheureusement, avec un faible taux de survie à 5 ans. En cause ? Des blastes chimiorésistants. Cependant, parmi ces malades, 15 % présentent une mutation du gène codant pour une enzyme clé du métabolisme cellulaire, l'isocitrate déshydrogénase (IDH). Une mutation porteuse d'espoir, d'après les travaux de l'équipe de Jean-Emmanuel Sarry à Toulouse auxquels a participé le laboratoire d'étude du métabolisme des médicaments (LEMM) du SPI.
En effet, grâce à un modèle murin de xénogreffe, les chercheurs ont montré que la mutation de l'IDH, via une dérégulation de la différenciation, entraînait une sensibilité accrue des cellules cancéreuses aux traitements à base d'acide rétinoïque (ATRA). De plus, ils ont aussi élaboré un traitement associant cette molécule au dasatinib, couramment prescrit pour traiter la leucémie.

 

Figure : En présence d'acide rétinoïque (ATRA), les cellules leucémiques myéloïdes immatures ont une différenciation incomplète.  Mais s'il y a mutation de l'IDH, ajout de 2-HG (oncométabolite (R)-2-hydroxyglutarate (2-HG)), ou du facteur de transcription  C/EBPα, les blastes deviennent plus sensibles à l'ATRA, se différencient complètement en neutrophiles et meurent. ​


Les deux molécules existant déjà en clinique, ces résultats constituent donc un premier pas vers la mise au point d'un traitement de la LAM en rechute chez les patients porteurs de cette mutation particulière.

Haut de page